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Mali: Manifestations contre le projet de referendum constitutionnel

Des leaders de l'opposition dont leur chef de file Soumaïla Cissé et des responsables d’associations et de jeunes leaders ont participé aux manifestations pacifiques visant le rejet du projet de Constitution qui sera soumis à referendum le 9 juillet prochain.

Des milliers de manifestants parmi lesquels des leaders de l'opposition dont leur chef de file

Soumaïla Cissé et des responsables d’associations et de jeunes leaders se sont mobilisés dans le calme le samedi 17 juin 2017 à Bamako, au Mali, contre le projet de révision constitutionnelle. Les anciens Premier ministres maliens Modibo Sidibé et Soumana Sako faisaient partie des manifestants. Une marche de colère d’une dizaine de kilomètres au cours de laquelle les manifestants, arborant T-shirt et casquettes rouges scandaient : «Touche pas à ma Constitution ! », «Non à la révision de la constitution ! », «Non au référendum !». La manifestation s’est déroulée sans incidents grâce à un service d'ordre professionnel.

 

«Trop de pouvoir au président » !

 

Selon les organisateurs, la marche a réuni trois cent mille personnes. Les forces de l’ordre estiment que les manifestants ne dépassaient pas neuf mille personnes. Les deux précédentes manifestations avaient été dispersées par la police et dans la violence. Notamment celle qui avait rassemblé une centaine de personnes le 8 juin 2017 à Bamako, toujours contre la révision constitutionnelle. Ces manifestants estiment qu’on ne peut pas organiser un référendum dans un pays divisé ou partiellement occupé par les jihadistes et autres groupes armés. Beaucoup craignent ainsi que le déroulement du vote soit perturbé dans de larges zones qui échappent encore au contrôle des autorités maliennes et sont régulièrement la cible d’attaques de groupes djihadistes.

Dans un communiqué, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) fait savoir que «c’est une révision pour rien à l’exception de la volonté de créer un monarque. Ce projet codifie la personnalisation du pouvoir, il codifie toutes les dérives autoritaires et autocratiques constatées ces dernières années». Le Parena déclare que « vouloir organiser un scrutin référendaire dans ces conditions relève de la cécité et du manque de sagesse». Les manifestants critiquent aussi des articles de ce nouveau projet de Constitution qui accordent «trop de pouvoir au président de la République». Ils reprochent au président malien sa volonté d’étendre ses pouvoirs alors que s’annonce la présidentielle en 2018.

 

Manque de consensus

 

Certains rejettent la création du Sénat, la deuxième Chambre prévue dans le projet de révision constitutionnelle qui sera soumis à référendum le 9 juillet 2017. Annoncé par le président Ibrahim Boubacar Keïta en début d’année, le projet de révision constitutionnelle a été adopté en conseil des ministres en mars dernier, puis par l’Assemblée nationale malienne dans la nuit du 2 au 3 juin dernier. D’autres critiquent fermement la gouvernance du régime du président malien Ibrahim Boubacar Keïta. D’autres encore dénoncent «le manque de consensus» avant le référendum. La Constitution en vigueur au Mali est celle du 27 février 1992. D’après les autorités maliennes, l’objectif principal de cette révision est de donner une suite à l’accord d’Alger. Accord signé en mai-juin 2015 entre le gouvernement et la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma).

S’il est adopté, le projet devrait permettre une plus grande décentralisation et une meilleure représentation des populations du nord du pays dans les institutions nationales. Le projet prévoit la création, dans les cinq régions administratives du Nord, d’assemblées dotées de pouvoirs importants. La création d’un Sénat répondrait au même objectif. Par ailleurs, le président de la Cour constitutionnelle est actuellement désigné par les autres membres de la Cour. L’opposition critique la nouvelle disposition qui voudrait que le président de la Cour constitutionnelle soit nommé par le président de la République. Le président de la Cour constitutionnelle étant celui qui a la responsabilité de proclamer les résultats définitifs des élections, le président Ibrahim Boubacar Keita est soupçonné de vouloir préparer sa réélection en 2018.

 

 

 

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