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Afrique du Sud: Plainte de l’opposition contre la famille Gupta

Incriminée dans plusieurs affaires politico-financières, la famille d’origine indienne Gupta, qui est très proche du chef de l’Etat sud-africain Jacob Zuma, est visée par une plainte du principal parti d’opposition.

L’Alliance démocratique (Da) du jeune leader Mmusi Maimane a déposé le lundi 3 juillet 2017 une nouvelle plainte contre l’influente et richissime famille indienne Gupta. Une famille qui est très proche du président sud-africain Jacob Zuma. Les Gupta sont accusés d’avoir utilisé des fonds publics pour financer le mariage d’un de leurs membres. D’après certains médias sud-africains, la facture du mariage d’une des nièces de la famille Gupta en 2013 a été payée par de l’argent public destiné au financement d’un projet agricole. Député de l’Alliance démocratique (Da), David Maynier estime que «le fait que l’argent du contribuable destiné à venir en aide aux pauvres est soupçonné d’avoir servi à payer un mariage du client numéro un du président Jacob Zuma, la famille Gupta, est tout simplement grotesque».

 

Au cœur d’«un gouvernement parallèle »

 

Il affirme que cela doit faire «l’objet d’une enquête résolue et impartiale». Cette plainte survient à la suite de nombreuses réactions des membres de la société civile, des partis de l’opposition et même des cadres du Congrès national africain (Anc, le parti au pouvoir) appelant le chef de l’Etat sud-africain à démissionner de ses fonctions. L’opposition cherche depuis plusieurs mois à destituer le chef de l’Etat sud-africain. Le président sud-africain s’est déjà expliqué au Parlement sur ses liens avec les Gupta. Les Gupta sont au centre de nombreux scandales reprochés à Jacob Zuma. Mmusi Maimane s’offusque de ce que son pays soit dirigé par «un gouvernement parallèle» et que «des fonds sont drainés en dehors du pays».

On se rappelle que deux membres de l’Anc ont affirmé s’être vu proposer un poste de ministre par les hommes d’affaires d’origine indienne. L’influence des Gupta peut permettre de contrôler des entreprises publiques, de rafler des contrats et de bénéficier des faveurs. Jacob Zuma et son entourage, constitué entres autres personnalités des ministres et des vice-ministres, sont impliqués dans des affaires de corruption dans l’attribution de marchés publics et d’enrichissement illicite. Un système où l’influence est monnayée en manipulant les enfants de responsables politiques. Fils de Zuma, M. Duduzane serait le lien entre les familles Zuma et Gupta.

 

«Pillage économique en règle »

 

Les Gupta auraient engrangés 363 millions d’euros de pots-de-vin lors de l’achat de locomotives par la compagnie ferroviaire publique Transnet. Connus sous le nom de «GuptaLeaks», environ 200 000 courriels et documents que des lanceurs d’alerte ont confiés à des journalistes d’investigation constituent des preuves accablantes de la mainmise de la famille Gupta sur le sommet de l’Etat sud-africain. Vice-président sud-africain et candidat à la succession de Jacob Zuma, Cyril Ramaphosa a déclaré au Parlement que «la capture de l’Etat est odieuse». Avant lui, l’ancien trésorier de l’Anc Mathews faisait remarquer qu’«après l’apartheid, le scandale Zuma-Gupta est le pire crime jamais commis contre le peuple sud-africain. Nous assistons à un pillage économique en règle».

 

Edmond Kamguia K.

 

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