Clément Tsoungui: «Il est difficile d’arriver à une Corruption-zéro»

Le surveillant général de l’hôpital central de Yaoundé pose son regard sur la lutte contre la corruption au Cameroun.

 

Quel regard portez-vous sur l’action que mène la Conac?

 

C’est une heureuse initiative. Je crois que nous le savons tous; la corruption est un fait de société. Éradiquer la corruption pour moi peut-être c’est une utopie. C’est un fait de société ; elle est rampante. On se bat, on lutte contre la corruption. L’hôpital central n’a pas l’apanage du fléau; c’est dans tous les secteurs. Dès que vous bouchez un trou, les gens cherchent à ouvrir un autre. Et ça fait donc que la lutte est permanente. Nous procédons par l’éducation, la sensibilisation; mais la répression c’est l’exception. On arrive à réprimer quand les gens ne veulent pas s’amender. Donc on ne peut pas dire qu’il y a zéro corruption à l’hôpital central. Nous combattons et nous pensons que nous avons beaucoup évolué. La lutte contre la corruption doit être un combat de tous. Nous essayons de maîtriser nos personnels ; mais je dis que pour qu’il y ait corruption zéro, c’est un peu difficile parce que c’est un fait de société. Nous ne voulons pas que l’hôpital central soit un business, parce que la loi du business c’est que tu me rates, je te prends. La lutte contre la corruption est un combat permanent du directeur général, parce que depuis qu’il est là, les choses vont de mieux en mieux dans ce sens. Il y a moins de plaintes. Mais il n’y a pas de corrupteur sans corrompu. Il y en a qui proposent eux-mêmes : comme on me demande ceci, j’ai ceci ; et il faut avoir un mental très fort pour refuser l’offre.

 

Quelles sont les plaintes qui vous parviennent ?

 

Je vous ai d’abord dit que ces plaintes sont en nette régression. Parfois c’est un malade qui est détourné, on lui dit qu’on va le soigner ailleurs à moindre coût ; et parfois dans ces formations sanitaires privées ça tourne mal et l’information nous revient. Nous prenons des mesures, nous sensibilisons. Parfois il y a quelques actes de vente parallèle de médicaments; nous sommes en train de lutter contre ça. Et ça a beaucoup régressé. Nous avons des difficultés et il faudrait bien que les pouvoirs publics nous aident dans ce sens; parce qu’il y a des pharmacies de trottoir de l’autre côté de la route qui talonnent les pharmacies de l’hôpital central.

 

Certains estiment que les pharmacies de la rue sont alimentées aussi par les circuits officiels

 

C’est bien quand on veut avancer des raisons pour lesquelles… les pharmacies de l’hôpital central sont bien fournies. Les produits qui manquent dans nos pharmacies c’est parce que parfois notre fournisseur tarde à satisfaire la demande. Parfois la Cename n’a pas un produit médicamenteux, et que c’est là-bas qu’on doit s’approvisionner, on est un peu en difficulté. Mais ce sont des problèmes qui ne durent pas.

 

Sauf que c’est à ciel ouvert et devant l’hôpital central que s’est bâti la pharmacie de rue…

 

Nous n’allons pas nous ériger en policier pour aller en face. C’est en face que ça se passe ! Les quelques personnels qu’on a pu prendre en flagrant délit, c’est en face qu’ils ont leurs magasins. Déguisez-vous en malades, vous allez en face, et vous allez voir de gros cartons de médicaments de l’autre côté de la route. Là, ça ne nous concerne plus. Je vais enlever ma blouse pour mettre la caquette de policier ou de gendarme? Non.

Propos recueillis par L.N

 

Rate this item
(0 votes)

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.

Restez Connecté

Les Reactions

La Griffe d'abou

  • La griffe d'abou du 20/06/2017
    La griffe d'abou du 20/06/2017
  • La griffe d'abou du 19/06/2017
    La griffe d'abou du 19/06/2017
  • La griffe d'abou du 18/06/2017
    La griffe d'abou du 18/06/2017
Go to top