1er octobre : Le gouvernement déploie de lourds moyens

Parmi les mesures de choc que l'autorité administrative a prises pour contrer les activistes du Scnc, on compte l'instauration du couvre feu, la restriction des mouvements des personnes, la perturbation des réseaux sociaux. Et surtout une impressionnante mobilisation des forces de l'ordre dans les régions anglophones.

Autour des édifices publics, dans les principaux axes de la ville de Bamenda, il y a d'abord un vaste périmètre de sécurité délimité par les forces de l’ordre. Par exemple, les services du gouverneur sont gardés par des hommes munis de fusils de guerre. À l'abord de cette zone, patrouillent des gendarmes et des policiers. Le public est prié de prendre le chemin indiqué par ces hommes après avoir subi au préalable une fouille minutieuse. De Mile 4 en allant vers le centre-ville, les barrières de gendarmes, et de la police, parfois il faut jusqu'à 30-45 minutes d'attente. Et pour cause: il y a trois pré filtrages. Fouilles des sacs, passage au détecteur et palpation, notamment sous les bras et autour de la taille. D'où des files différentes aux "checks-points" pour les hommes et pour les femmes. Des mesures sécuritaires respectées à la lettre, selon une décision du gouverneur de la région du Nord-ouest. Depuis le 29 septembre et jusqu’à ce lundi 2 octobre, cette décision du gouverneur de la région du nord-ouest est toujours en vigueur. Adolphe Lele Lafrique avait interdit le déplacement de la population, tout en y instaurant un couvre-feu. Une façon pour ces autorités d`anticiper la déclaration symbolique d'indépendance qui a été prévue hier dimanche 1er octobre 2017. Depuis ce jour, toutes les entrées et sorties dans les villes de Bamenda sont filtrées par les force de l’ordre, l’armée en particulier. On a aussi noté la fermeture des frontières territoriales et maritimes, la suspension des transports, l`interdiction de se déplacer entre les localités et interdiction des réunions de plus de quatre personnes dans l'espace public. Des mesures sévères selon de nombreux habitants de Bamenda qui ont contraint les populations à restées cloitrées à la maison.

Exode massif

La présence des forces de sécurité déjà importantes dans la région du Nord-ouest, s’est encore considérablement renforcée ces derniers jours avant cette date du 1er octobre 2017. Outre la police et la gendarmerie, les éléments du bataillon d’intervention rapide y ont aussi été déployés. Ces mesures draconiennes et d’autres sont censées étouffer dans l’œuf et mettre en échec le plan des manifestations des indépendantistes pour la journée cruciale du 1er octobre, ont plutôt contraint de nombreux habitants à déserter la ville pour les villages ou pour les régions francophones. Certaines populations qui craignent des affrontements violents entre les tenants de l'indépendance et les forces de l'ordre, ont quitté plusieurs jours avant, les villes de la région du Nord-ouest.

Des habitants de Bamenda par exemple ont fui samedi en direction des villages et des régions francophones, effrayés par la tension et la militarisation de la ville. «C'est très effrayant ces trois derniers jours; les avions et les hélicoptères de combat n'ont pas cessé de sillonner le ciel», témoigne Nkwenti Ade, un habitant de Bamenda, qui a trouvé refuge dans son village de Santa limitrophe avec la région de l’Ouest Cameroun. «On nous a demandé de ne pas sortir; nous n'avions ni eau, ni nourriture, je ne pouvais plus tenir», a-t-il raconté. M. Claude a dû retirer son enfant dans un collège de la place avant de prendre la direction de l’Ouest. Adamou, un commerçant de Bamenda, explique que: «les postes frontières jusqu'ici inoccupés ont tous été pris en charge par des agents de la sécurité pour éviter la fuite ou l'infiltration d'insurgés venant du Nigeria», a-t-il déclaré.

Les réseaux sociaux bloqués

Depuis la soirée de vendredi 29 septembre 2017, l’accès à Facebook et à Twitter , Whatsap etc… est sérieusement perturbé, voire coupé. Ce blocage est intervenu alors que, sur la toile, les  activistes de la crise anglophone à l’étranger multipliaient des posts appelant à un soulèvement de masse le 1er octobre. De nombreux posts allant des vidéos live appelant à la  mobilisation ou indiquant les stratégies de défense face aux éventuels affrontements avec l’armée ont fait le tour du net. Une situation critiquée par de nombreux observateurs. «Le gouvernement camerounais est le seul responsable de ce blocage et nous condamnons cette restriction de la liberté d’expression. Et le gouvernement ne peut pas empêcher les gens d’organiser des marches, car c'est un droit garanti par la Constitution», affirme le responsable d’une Ong de défense des droit de l'homme basée à Bamenda. En attendant que quelqu’un assume enfin la responsabilité de la situation, des groupes de discussion sur la toile  ont commencé à donner des astuces à leurs membres pour contourner le problème, notamment en utilisant des VPN (réseaux privés virtuels), et des hashtags. Selon toute vraisemblance, la coupure visait à bloquer des messages qui appellent à la mobilisation du 1er octobre. Aussi, selon certains confrères des autres régions du Cameroun, tout le pays est resté touché par cette coupure des réseaux sociaux. Mais par endroit à Bamenda, «on parvenait à envoyer des messages WhatsApp ou Facebook et Twitter», déclare un utilisateur dans la ville. Par ailleurs un message d’une société de téléphonie mobile reçus dans les portables parle plutôt de «perturbation sur le réseaux». De toutes les façons, il demeure qu’il est impossible d’ouvrir pour l’instant au Cameroun des comptes Facebook et Twitter whatsap etc,,,.

Fréderic Takang

Rate this item
(1 Vote)

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.

Restez Connecté

Les Reactions

La Griffe d'abou

  • La griffe d'abou du 20/06/2017
    La griffe d'abou du 20/06/2017
  • La griffe d'abou du 19/06/2017
    La griffe d'abou du 19/06/2017
  • La griffe d'abou du 18/06/2017
    La griffe d'abou du 18/06/2017
Go to top