Sérail (1) : Assemblée nationale : manœuvres suspectes autour de l’incendie

 

Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2017, un incendie avait ravagé l’un des immeubles de l’Assemblée nationale du Cameroun. Le feu s’était déclenché au quatrième étage, et avait tout consumé, jusqu’au septième étage du Palais des verres. Alors qu’on était encore à se demander quelle peuvent être les causes de cet incendie spectaculaire, le lendemain, 17 novembre 2017, le ministre de la communication, et porte parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, avait rapidement conclu à une cause «accidentelle».

Une intrusion dans les affaires de l’Assemblée qui avait courroucé aussi bien des députés de l’opposition que du parti au pouvoir. Des enquêtes avaient été ouvertes. Une l’expertise technique du cabinet Albert Dzongang avait été retenue par l’assureur pour évaluer les dégâts et faire des propositions éventuelles au propriétaire de l’immeuble qui est l’Assemblée nationale. La Nouvelle Expression a appris des sources confidentielles que cet expert vient d’être récusé par l’Assemblée nationale. Argument officieux, «il est un opposant». Selon les mêmes sources, le rapport d’expert a évalué les dégâts et conclu à la réhabilitation de l’immeuble, car, seuls les équipements et les décorations en matières inflammables, notamment les cloisons en bois et les parois en aluminium de ses quatre derniers étages ont été endommagés. Et l’assureur ne devrait prendre en charge que les frais relatifs à la partie sinistrée. L’ossature du bâtiment étant restée intacte. Sur ces conclusions, l’expert est inflexible, et se serait opposé fermement à ceux qui voulaient que le rapport conclut à la démolition de l’immeuble. Plusieurs réunions se sont tenues pour la suite à donner après le premier rapport d’expertise. Les responsables de l’Assemblée nationale sont catégoriques: il faut raser cet immeuble et reconstruire un autre. Ils disent d’ailleurs répercuter les hautes instructions du président de la République. Alors, question: pourquoi insiste-t-on à démolir un immeuble alors que l’expert technique préconise sa réhabilitation? Cette interrogation risque de déboucher sur la terrible thèse de ceux qui soupçonnaient dès le départ que l’incendie de l’hémicycle était d’origine criminelle. Et à qui donc profiterait ce crime?

L’Assemblée nationale a déjà un projet de construire un autre siège. A-t-on besoin de détruire déjà l’ancien qui peut encore servir ? On sait que bien à côté, le sénat reste un sans domicile fixe.

Ce qui rend encore plus suspect cette démarche des responsables de l’Assemblé nationale, c’est que l’expert technique agréé en incendie a été remplacé par un expert en matériel et équipement mécanique et électrique. Seulement, la loi qui régit ce secteur est formelle: «l’agrément dans la spécialité de l’incendie ne peut être accordé qu’aux experts agréés dans la spécialité du bâtiment qui justifient de cinq années au moins de pratique effective en cette qualité et ont collaboré pendant un an au moins avec un expert déjà agréé en incendie». Celui sur qui les responsables de l’Assemblée nationale viennent de jeter leur dévolu ne remplit pas ces conditions. Dans ce cas, c’est dans l’illégalité qu’il exercera cette tâche. Le paradoxe c’est que c’est l’Assemblée nationale qui a voté la loi régissant l’exercice de cette profession qui est ici complice pour la violer. Quelle sera la valeur juridique ce son rapport? Manifestement, la réponse à cette question n’intéresse pas les responsables de l’hémicycle. Pourvu que le nouvel expert conclut à la destruction du bâtiment. Afin qu’on vote rapidement un volumineux budget pour construire un autre. Nous avons contacté le premier expert qui a été récusé, selon nos informations. Sa réponse est laconique: «pour l’instant, je m’occupe d’autres choses. Je reviendrai à vous en temps opportun. Je vous le promets»

Mais l’affaire, selon les sources exclusives de La Nouvelle Expression, ne fait que commencer.

 

 

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